Ces dernières semaines la bière coule à flot chez nous pour cause de Rugby. J’ai discrètement dérobé une canette de Guinness de la réserve, ni vue ni connue, pour cette recette peu courante. On peut remplacer le poulet par une belle dinde. Cette bière brune accompagne à merveille les huîtres et les moules. On en trouve parfois dans le Christmas pudding : les fruits secs trempent alors toute une nuit dans la bière.
On doit la création de la Guinness au Dublinois Arthur Guinness, en 1824, la bière la plus célèbre d’Irlande, estampillée de la harpe celtique.
« Guinness is good for for you » proclament les publicités. Même les médecins en prescrivaient.
La brasserie de St James’s Gate demeure une petite ville au sein de la capitale. En 1759, Arthur Guinness avait signé un bail de 9000 ans pour la modique somme annuelle de 45 livres. La brasserie n’est pas près de déménager.
Dans les pub Irlandais, ce noir breuvage doit être siroté à la pression (draught), où il n’est pas pasteurisé, comme la Guinness vendue en bouteilles en Irlande et en Grande-Bretagne (Guinness Extra Stout). Elle connaît une seconde fermentation en bouteille qui développe son arôme. La bière destinée à l’exportation est pasteurisée et plus alcoolisée également. Comme la bière ne mousse pas, les canettes de Guinness contiennent une petite cartouche de gaz neutre, qui provoque une mousse dense. La Guinness a beaucoup voyagé. En 1909, elle avait atteint le pôle Sud, dans les bagages de l’explorateur Australien Douglas Mawson. Son camp de base fut découvert en 1927 par une autre expédition.
Des brunes pleines de caractère
On peut dater l’apparition de la bière en Irlande. Au 1er siècle, le médecin grec Dioscoride eut l’occasion de goûter du coirm, une bière brassée par les celtes de la verte Erin.
« Le coirm, que les Irlandais boivent à la place du vin, provoque des maux de tête, il se compose de fluides pernicieux et détériore les muscles ».

Le houblon n’est pas la matière première pour fabriqué la bière. Riches en résine et en huiles essentielles, ses fleurs servent uniquement d’aromate, auquel l’orge fournit l’ingrédient principal. Les grains blonds doivent se transformer en malt : l’orge est humidifiée et mise à germer, pour que l’amidon qu’elle renferme se transforme en sucres. Ensuite on la chauffe ce qui modifie plus ou moins sa couleur et influera sur la teinte finale de la bière. Dans le cas des stouts, on rajoute de l’orge très torréfiée, pour obtenir une teinte très foncée. Réduit en farine, le malt est brassé avec de l’eau chaude dans de grandes cuves. L’eau doit être pur et peu dur. Ce moût sera ensuite filtré et chauffé à plus de 100 °C, avec du houblon. Enfin, on l’ensemence de levures et on le laisse fermenter. Deux méthodes s’affrontent : la fermentation haute, la plus traditionnelle, préférée en Irlande et en Angleterre, s’effectue entre 15 et 20 °C pendant trois à cinq jours. Ces bières se reconnaissent à leur densité et leur saveur affirmée (ales, blondes rousses ou foncées). Quant à la fermentation basse, elle se déroule à 6 et 8°C, pendant 7 à 10 jours. Une méthode plus répandue (bières blondes lagers).
(Source « British food » et « cuisine du monde »)
Ingrédients pour 6 personnes
Temps : en fonction du poids de la bête
Prix : 16,85 €
Un beau poulet ou dinde
3 c à soupe d’huile d’olive
30 cl de Guinness
10 cl de miel liquide
Sel et poivre
-
En milieu de cuisson, mélanger la Guinness et le miel liquide.
-
Sortir le poulet du four et le badigeonner du mélange.
-
Enfourner de nouveau et toutes les 15 minutes, remettre une couche de mélange.
-
Vérifier la cuisson du poulet en piquant une cuisse. Si le jus est clair, le poulet est cuit.
-
Envelopper le poulet 15 minutes dans du papier aluminium.
-
Découper le poulet.